Les 7 améliorations discrètes du T Bag de Brompton

L’été est l’occasion de tester longuement sur les chemins les sacs de cyclotourisme. Le nouveau T Bag de Brompton n’a pas échappé à la règle. Les améliorations de cette nouvelle version sont discrètes au point de pouvoir facilement passer inaperçues. Plusieurs fois pourtant, à l’usage, on s’est pris à apprécier le côté pratique de ces modifications. Voici un petit retour sur le T Bag à l’épreuve des chemins.

Ce sac est, rappelons-le, celui de la gamme Brompton qui, avec ses 31 litres, offre le plus grand volume, ce qui le rend non seulement précieux pour le tourisme à vélo (c’est de là qu’il tire le T de son nom) mais aussi pour tous les chargements du quotidien. La nouvelle version conserve l’essentiel de ce qui a fait le succès du T Bag: un sac de grande capacité, simple, léger, assez moche et très pratique.

À première vue, pas de changement notable sur ce sac qui reconvoque le même coloris noir et les mêmes matériaux (Cordura). Il va donc être nécessaire de jouer au jeu des sept erreurs:

Lire la suite

Publicités

La nouvelle garde (part. II) – Concours de Machines 2017

Quelques photos prises au Concours de Machines sont encore dans les cartes-mémoire et il est grand temps de poursuivre le compte-rendu de l’édition 2017. On n’est plus dans le feu de l’actualité, il est vrai, mais en compensation on y trouvera peut-être la délicate saveur du souvenir.

La jeune garde des cadreurs, comme on a déjà commencé à le voir, a fait belle figure avec des réalisations de très bon niveau. Achevons de faire le tour de leurs machines prometteuses :

Martignac (Saint Jean – Haute-Garonne)

Martignac tire son nom d’un toponyme au suffixe irrésistiblement évocateur du Sud-Ouest, de ses routes vallonnées, de ses beaux villages… et de son industrie aéronautique de pointe dont les compétence auront une fois encore été mis à profit à Ambert. Car il y avait un peu de tout cela dans cette machine.

Le cadreur, Marc Cougoule, a présenté au Concours son troisième cadre et sa première fourche sur la base desquels a été montée une machine discrète et parfaitement conçue.

Un cadre discret et  –  malgré les pneus larges en 700 et les garde-boue  –  une longueur de bases contenue (443 mm).

Le cadre (Columbus Life et Zona) est conçu pour la randonnée longue distance sur tous types de chemins: le triangle principal peut accueillir trois bidons, soit un de plus que ce qui est exigé par le règlement, et les passages sont suffisants pour accueillir les volumineux pneus de 700 en 44 mm – soit l’un des plus gros volumes d’air du concours – ainsi que leurs garde-boue. Sa livrée gris-bleu mate, appliquée en outre sur une bonne partie des composants, eux-mêmes désiglés pour la plupart, lui assure une discrétion certaine, choix qui pourra paraître étonnant pour une machine de concours.

Butée de gaine à la discrétion élégante comme l’ensemble de la machine dont la signature n’est pas à chercher sur le tube diagonal mais se dissimule l’intérieur des bases.

Le soin apporté aux détails du cadre est réel mais toujours avec une certaine sobriété et en gardant en vue la fonctionnalité. Exemple en est le choix des mini V brake, efficaces avec leur tirage court, mais auxquels les autres concurrents ont préféré la solution plus moderne des freins à disque ou plus élégante des freins à tirage central.

Les garde-boue sont classiquement en alu poli (Bastia) mais avec un enveloppement réduit. Ce minimalisme sied aux contraintes du concours mais le cadre a été calibré pour accueillir au besoin des garde-boue plus enveloppants.

Au sortir de la première épreuve, particulièrement boueuse, l’essentiel du vélo est relativement épargné, seules les parties proches des flancs auraient bénéficié d’un profil plus enveloppant.

Martignac a eu le mérite de présenter une réalisation à peu près complète qui incluait notamment la fabrication de la fourche et le montage des roues.

Raccord de tête de fourche ajouré, jantes DT Swiss R460 et pneus Compass.

Lire la suite

Rindow bikes : éclairage & pédalage au quotidien

Un nouveau fabricant japonais inventif est désormais distribué par Cyclodonia : Rindow bikes. Deux de ses produits ont retenu notre attention et il nous a semblé qu’ils méritaient une petite présentation :

Feux avant / arrière bullet light

Le bullet light est un éclairage compact et léger en aluminium joliment usiné. Il doit son nom à son élégante forme ogivale :

Il est proposé en quatre versions, soit deux coloris déclinables en modèle avant et arrière.

Bullet light en coloris noir et argent, version avant et arrière.

Lire la suite

Éditions spéciales : manivelles et plateau Spécialités TA

On a déjà eu l’occasion de parler dans un précédent article du pédalier Pro 5 Vis qui conserve encore, plus d’un demi siècle après sa création, plusieurs avantages. Le premier est son apparence simple et classique qui lui permet aujourd’hui encore de se marier particulièrement bien avec les tubes fins des vélos à cadre en acier.

Mais l’aspect esthétique est loin d’être d’être son seul atout puisque ce pédalier permet de monter sur un même jeu de manivelles une configuration simple, double ou triple – voire quadruple – avec une large plage de dentures possibles allant de 26 à 54 dents. Il offre aussi une largeur de manivelle à manivelle (Q Facteur) particulièrement étroite et un poids parfaitement compétitif avec les pédaliers actuels (370 g vis incluses auxquels il faut ajouter une centaine de grammes pour le plateau extérieur et une cinquantaine de grammes pour le plateau intérieur).

Depuis l’arrêt de sa commercialisation par Spécialités TA, il fallait cependant se tourner vers d’autres fabricants comme SUN xcd qui produit une réplique des manivelles Stronglight 49D / TA Pro 5 Vis et a développé sa propre gamme de plateaux :

Manivelle et plateaux SUN xcd.

Mais la simplicité des plateaux TA conservait à nos yeux son intérêt et nous avons commandé à TA une série spéciale de flasques porteurs grâce auxquels la manivelle Pro 5 Vis peut être utilisée en mono-plateau de 26 à 42 dents avec les plateaux intérieurs de série, les plateaux extérieurs prenant le relais de 40 à 52 dents.

Le flasque porteur permet l’utilisation de mono-plateau de 26 à 42 dents adaptés à la plupart des utilisations.

Lire la suite

La nouvelle garde (part. I) – Concours de Machines 2017

Plus du tiers des cadreurs participant au Concours étaient soit des non-professionnels, soit des cadreurs ayant une activité récente. On aurait tort pourtant de regarder leurs productions d’un œil distrait. Certains d’entre eux ont même placé la barre très haut. Voici les quatre premiers d’entre eux (alphabétiquement s’entend), les quatre autres suivront dans une seconde partie.

Atelier des Vélos (Paris)

ADV raccord tube direction.JPG

Avec un vélo léger, élancé, l’Atelier des vélos a davantage retenu le second terme dans le programme de la randonneuse légère. Sa machine avait pourtant bien tous les attributs de la randonneuse : porte-bagage, éclairage avant et arrière sur dynamo, garde-boue étaient présents.

Atelier des velos concours de machines

Pneus fins, tubes fins et fourreaux droits signent le coursier.

Mais l’essentiel est sur le cadre lui-même et l’Atelier des Vélos a été particulièrement attentif aux détails, à commencer par le travail des raccords, dont la plupart ont été modifiés.

La machine offre ainsi le paradoxe d’une randonneuse à la fois épurée et baroque :

ADV headbadge.JPG

Écusson ouvragé, tête de fourche ajourée, raccords rouges sur tube de direction et fourreaux gris confèrent à la machine sa forte identité visuelle.

ADV raccord tds.JPG

Le rouge profond se marie parfaitement avec le carbone de la tige de selle et des garde-boue.

ADV tube de selle

Une zone du cadre où le travail a été particulièrement poussé : raccord du tube de selle dissocié du serrage, tube de selle légèrement coudé, support de feu intégré, haubans sur-baissés.

Lire la suite

Les prix spéciaux – Concours de machines 2017 [3/5]

Larix

  • meilleur rookie

Les réalisations présentées par les cadreurs débutants à ce concours étaient globalement d’une grande qualité, ce qui donne toute sa valeur au prix du meilleur Rookie remporté par Larix.

larix entier.JPG

Baptiste Roux (à gauche), en pleine discussion entre cadreurs derrière sa machine. Comme beaucoup de rookies, il était son propre pilote sur les épreuves.

Prudent, Larix a fait des choix globalement simples en présentant une randonneuse sans garde-boue et en ayant recours pour la potence et la fourche à des composants du commerce. Un choix qui a un peu moins de panache mais qui a permis à la machine d’être la plus légère de la catégorie Rookie.

Le cadre, soudé TIG, est constitué d’un habile panachage de tubes Columbus (1,7 kg pour le cadre nu). Il accepte des pneus jusqu’à 42 mm (sans garde-boue).

cintrage haubans.JPG

Les haubans cintrés autorisent un montage de pneu jusqu’à 42 mm ou 32 mm avec garde-boue.

larix passage de gaine.JPG

Passage de durite entre le tube supérieur et le hauban.

Outre son routage interne, une attention particulière a été accordé à l’éclairage et au circuit électrique.

Lire la suite

Cyfac – le podium du Concours de Machines 2017, part. III

Cyfac (Hommes – Indre-et-Loire)

  • 3e prix du Concours de Machines
  • prix de l’innovation
  • prix du public

Présenter une machine au concours n’est pas une sinécure et demande un investissement important aux cadreurs. Beaucoup de machines on été achevées dans l’urgence et certains des inscrits n’ont tout simplement pas pu terminer leurs machines à temps. La veille de l’ouverture du Concours, Cyfac annonçait ainsi sur les réseaux sociaux qu’il était à deux doigts de déclarer forfait. Au final, avec trois mentions au palmarès, Cyfac aura pourtant été le constructeur le plus récompensé de cette édition.

Cyfac a en effet une fois de plus montré la variété son savoir-faire, et en particulier sur le plan de l’innovation. Comme l’année dernière, Cyfac a pris des risques en réalisant de l’inédit ce qui, dans le domaine du vélo, est moins courant et moins facile qu’il n’y paraît.

Les garde-boue

Avec ses garde-boue mono-pièce et clipsables d’abord, Cyfac propose l’aboutissement de la piste tracée l’année dernière avec ses garde-boue intégrés au cadre – prouesse technique qui pouvait susciter des réticences sur le plan pratique. Cette fois-ci, non seulement il ne sont plus solidaires du cadre mais ils se retirent sans outils.

cyfac gb demonte

À l’avant, une molette sert à démonter le garde-boue sans retirer l’axe traversant :

cyfac molette fourche.JPG

Et le garde-boue se fixe à l’attache du porte-paquet par un crochet en inox :

cyfac GB attache.JPG

Lire la suite

J. P. Weigle – le podium du Concours de Machines 2017, part. II

[An english version of this article can be read on Jan Heine’s blog]

J. P. Weigle (Lyme – États-Unis)

  • 2e prix du Concours de Machines
  • prix de la légèreté

Face à elle, le public non-averti (et dans non averti on peut inclure une bonne partie des participants de la cyclosportive Les Copains) pouvait penser avoir devant les yeux un vélo ancien, fabriqué 60 ou 70 ans plus tôt et soigneusement restauré. La machine présentée par J. P. Weigle ne comportait pourtant pas la moindre pièce ancienne sortie des fonds de tiroir d’un collectionneur.

weigle concours de machines entier.JPG

L’intemporelle machine de l’équipe J. P. Weigle / J. Heine.

Lire la suite

PechTregon – le podium du Concours de Machines 2017, part. I

Commençons la revue de détail des machines du concours par les six lauréats de l’édition 2017 (les 3 présents sur le podium puis dans un prochain article les trois autres constructeurs à avoir été primés). Comme l’année dernière, j’ai eu l’occasion de rédiger les notices consacrées aux machines dans le magazine 200. Je vais donc ici surtout mettre en lumière certains détails qui méritent d’être retenus et je renvoie au n° 13 de 200 pour les informations générales sur les machines, pour le dossier complet consacré au Concours et pour les belles photos de Nicolas Joly.

PechTregon (Bruniquel – Tarn-et-Garonne)

  • 1er prix du Concours de Machines

En général les cyclotouristes n’aiment pas trop la compétition. Ils lui préfèrent l’émulation. Et ça, le concours de machines – c’est sa réussite – en donne l’occasion à plus d’un titre. Et puis il y a ceux, comme PechTregon, qui sont poussés par la forme suprême de l’émulation : l’émulation avec soi-même. Médaille de bronze lors de la 1ère édition, Matthieu Chollet, le cadreur de PechTregon, avait pourtant le sentiment de n’avoir fait qu’une partie du chemin avec sa machine et de pouvoir encore l’améliorer, substantiellement.

La patte du designer, on la retrouve  une fois de plus dans le choix de ce bleu mat, dans le headbadge poli ou encore ici sur le marquage à l’arrière du hauban.

La base reste donc la même, celle d’une randonneuse polyvalente qui ferait la synthèse entre VTT, cyclocross et vélo de route. Le procédé aussi, et les cordons soigneux de soudure TIG montrent que Matthieu Chollet le maîtrise parfaitement.

pechtregon levier bout de cintre.JPG

Mono-plateau avec passage de vitesses en bout de cintre. Ici, c’est l’ADN du cyclocross.

Le freinage à disque permet de varier le diamètre de roue et le cadre accepte ainsi aussi bien des roues de 700 à section étroite que des pneus de VTT en 27,5 x 2,1’’ (sans les garde-boue). Questions pneus, PechTregon avait monté une fois de plus la section la plus large du concours (48 mm avec garde-boue).

pechtregon entier

Lire la suite

L’enfer d’Ambert : le Concours de Machines 2017 [1/5]

CM jour 1 devant

Retour à Ambert

Au début du mois avait lieu à Ambert la seconde édition de la renaissance du Concours de Machines. Rappelons que le concours de machines est une tradition française de plus d’un siècle qui voit des artisans cadreurs présenter des vélos – les « machines » – répondant à un cahier des charges et à un barème précis. Si un jury et une commission technique sont chargés d’évaluer la qualité de réalisation et la part de l’apport personnel du cadreur, l’intérêt du concours de machines est d’intégrer dans les résultats le verdict du terrain puisque tout élément défectueux, et a fortiori toute casse, au terme de chaque épreuve apporte un malus. Les cadreurs doivent donc présenter des vélos tout à la fois légers, bien finis, fiables et performants.

Retourner à Ambert était pour moi une évidence tant la première édition était stimulante aussi bien pour les cadreurs que pour le public, mais je l’ai fait avec une nouvelle casquette et je n’ai malheureusement pas eu le temps cette fois-ci de photographier en détail toutes les machines comme je l’aurais voulu. Commençons donc par un petit rappel du déroulement de cette édition qui sera suivi par une présentation d’une bonne partie des machines.

Jour 1 : l’évaluation technique

Comme l’année dernière, le concours s’est déroulé sur quatre jours. La première journée était consacrée à la revue de détail des machines et aux misères administratives qui les attendaient.

Au petit matin, c’est l’arrivée des organisateurs et des premières équipes des constructeurs :

CM jour 1 Jolie rouge arrive.JPG

Arrivée de la machine Jolie Rouge équipée d’un ensemble complet de sacoches Helmut.

Lire la suite