Patins de frein : comparatif sur route sèche et humide

Bien que le frein soit l’un des composants les plus importants pour la sécurité du cycliste, il est assez rare de trouver de vrais tests comparatifs en conditions réelles. Le Brompton étant un vélo particulièrement exigeant en matière de freinages, nous avons donc décidé de tester quelques patins de frein afin de déterminer précisément s’il est possible d’améliorer la qualité de freinage d’origine à moindre coût.

Le Brompton étant équipé de cartouches pour frein de route de type Shimano assez répandues, les résultats de ce test sont évidemment transposables à bien d’autres vélos à freinage sur jante alu. Et un patin de frein qui a fait ses preuves sur les roues à faible diamètre du Brompton aura d’excellents arguments en sa faveur.

Nous avons donc aligné les patins de quatre marques différentes et nous avons mis en place un protocole précis afin d’obtenir des données comparables entre elles, aussi bien en conditions sèches que sur jantes humides.

Les 5 patins après avoir subi nos tests. De gauche à droite : B'Twin 500, Shimano M55/R, Fibrax (modèle Brompton), Kool-Stop Dura2 Bi-matière et Kool-Stop Dura2 Saumon.

Les 5 patins qui viennent de subir nos tests. De gauche à droite : B’Twin 500, Shimano M55/R, Fibrax (modèle Brompton), Kool-Stop Dura2 Bi-matière et Kool-Stop Dura2 Saumon.

Le protocole

Le test a été effectué par une journée sans vent (moins de 5 km/h) et avec une température de 16°C, sur la portion finale d’une route droite en forte pente (entre 7 et 10 %).
Au moment du freinage, la pente n’est plus que de 4 % et la vitesse atteinte par le vélo est d’environ 26,7 km/h.

Les 65 kg du cycliste, les 4 kg du sac avant et les 8 kg du porte-bagage arrière (77 kg en tout) s’ajoutent aux 12 kg du Brompton.

Les patins ont été réglés symétriquement à 0,9 mm de la jante. Seul le frein avant est actionné, levier immédiatement en bout de course. Pour le test en conditions humides, patins et jantes ont été préalablement abondamment arrosés. Le vélo est équipé des pneus Brompton d’origine dont la section effective est de 34 mm.

La jante est nettoyée après chaque test (sec ou humide) et chaque test est doublé, voire triplé si les données ne sont pas homogènes.

Les résultats

Les chiffres qui suivent n’indiquent pas une distance de freinage en conditions réelles : la légère pente, l’utilisation du frein avant seul et le poids supplémentaire ajouté ont en effet pour fonction d’allonger cette distance de freinage. Le but est ainsi de faciliter la comparaison entre les différents modèles de patins.

distances freinage

Distances parcourues entre le début du freinage et l’arrêt complet du vélo.

Ces tests nous apprennent d’abord que les patins Fibrax équipant d’origine le Brompton se comportent tout à fait honorablement par temps sec : leur distance de freinage de 4,50 mètres est même meilleure que celle des Shimano qui avoisinent les 5 mètres. En revanche, en conditions humides, les Fibrax sont les moins efficaces du panel : 10,30 mètres.
Notons aussi que les Fibrax sont les moins épais, on peut donc s’attendre à une usure plus rapide de ces patins.

Les patins B’Twin ont une distance de freinage identique par temps sec et arrêtent en revanche le vélo 70 cm avant en conditions humides. Revers de la médaille : parmi tous les patins testés, ce sont, toujours en conditions humides, ceux qui noircissent le plus rapidement la jante.

Le patin Kool-Stop Saumon : hors catégorie ?

Une donnée est absente de ce tableau : la distance de freinage par temps sec des patins Kool-Stop Saumon. Malgré les 8 kilos installés sur le porte-bagage, au moment du freinage la roue arrière se lève immédiatement ce qui oblige à relâcher le frein. Lors d’une deuxième tentative, cycliste positionné le plus loin possible en arrière au-delà de la selle, la roue avant s’est cette fois-ci immédiatement bloquée, dérapant sur quelques mètres. On parvient bien sûr à s’arrêter, à environ 4 mètres 40, ce qui est un peu mieux que les autres marques, mais c’est finalement moins bien que les Bi-matières, ces derniers n’occasionnant à aucun moment de perte d’adhérence du pneu.

Conclusion : dans le cadre du test, la puissance de freinage des Kool-Stop Saumon excède les capacités d’adhérence du pneu Brompton en conditions sèches.

En prévision des freinages d’urgence, cas de figure évalué par le test, il peut donc être préférable d’ajuster la force de freinage des patins au poids du cycliste et à la capacité d’adhérence des pneus. Les Kool-Stop Bi-matière ont ceci d’intéressant que l’attaque du freinage se fait avec le composant noir, au freinage plus doux : la roue ne se bloque pas et la distance de freinage, 4 mètres, est ainsi la plus courte de tout le panel (1 mètre de moins que les Shimano).

C’est la solution à privilégier pour les cyclistes légers ou de poids intermédiaire et dont les pneus ne présentent pas une excellente adhérence.

Le freinage sous la pluie

En conditions sèches, un freinage sur jante bien réglé peut atteindre un niveau optimum et il n’y a à ce titre rien à attendre de mieux avec des freins à disque. En conditions humides, en revanche, les choses sont différentes.

Le premier point qui ressort du tableau est que, sous la pluie, les distances de freinage sont doublées. Lors du test, le phénomène est très clair : même avec le levier actionné en butée, le freinage est d’abord très mou. Ce n’est qu’à partir de la deuxième portion de la distance de freinage que le frein commence à opérer efficacement. Il faut donc 4 ou 5 mètres, soit approximativement 3 tours de roue, pour que l’eau qui recouvre la jante soit pleinement évacuée et que le freinage puisse réellement commencer. Et c’est dans ce second temps que la différence entre les modèles de patins se fait réellement sentir.

On l’a déjà dit, dans ces conditions, les patins Fibrax sont les moins performants. À l’opposé, c’est alors que les Kool-Stop Saumon montrent tout leur intérêt : le vélo s’arrête au bout de 8 mètres et demi quand il en faut plus de 10 aux Fibrax. Autre point positif, avec les Kool-Stop Saumon, la pellicule de dépôt noir est moins présente qu’avec les autres modèles en test.

Le phénomène d'encrassement de la jante en conditions humides, ici la matière laissée par les patins B'Twin après un seul freinage. Ces patins risquent de fondre rapidement sous la pluie.

Le phénomène d’encrassement de la jante en conditions humides, ici la matière laissée par les patins B’Twin après un seul freinage. Ces patins risquent de fondre rapidement sous la pluie.

 

Distance de freinage réelle

Par rapport aux données du tableau, le freinage en conditions réelles introduit quelques variantes qu’il n’est pas évident de reproduire dans un test. D’un côté, l’utilisation du frein arrière conjointement au frein avant fait nécessairement diminuer la distance de freinage par rapport à notre test. Reste que le freinage arrière n’est qu’un appoint et que la limite d’adhérence du pneu arrière est bien plus rapidement atteinte qu’avec le frein avant.

D’un autre côté, dans notre test, le freinage est parfaitement anticipé par le cycliste qui s’est positionné en recul par rapport à la selle et la pression sur le frein est immédiate et complète. En conditions réelles, le temps de la prise de décision et la légère hésitation qu’il y aura à presser complètement le frein sans y être préparé peuvent augmenter la distance de freinage.

Quels patins choisir ?

La plupart des patins de ce comparatif sont proposés aux environs d’une dizaine d’euros la paire.

Le Kool-Stop Saumon est clairement le plus efficace. Il conviendra aux cyclistes à partir de 85 kilos ou aux cyclistes expérimentés capables de gérer un freinage d’urgence en n’emmenant pas immédiatement le levier en bout de course. Il est surtout celui qui apportera le meilleur freinage sous la pluie. Mais attention là aussi : il faudra que les pneumatiques suivent. Rappelons que ce patin a été décliné par Kool-Stop en version Mafac ce qui, associé à un étrier à tirage central, permet de donner un excellent freinage aux vélos anciens.

Le Kool-Stop Saumon lors des tests : un frein exigeant qui nécessite une excellente adhérence des pneus.

Le Kool-Stop Saumon lors des tests : un patin exigeant qui nécessite une excellente adhérence des pneus.

Le Kool-Stop Bi-matière apparaît de son côté comme le meilleur choix pour les cyclistes de poids modéré équipés de pneus à adhérence moyenne (Brompton ou Schwalbe Marathon). Même si les patins Saumon sont plus efficaces, dans la pratique, les Bi-Matières permettent de rester à la limite d’adhérence et d’obtenir ainsi, avec des jantes propres et des étriers correctement réglés, la distance effective de freinage la plus courte.

Enfin, nous avons constaté que les patins Dura 2 (Bi-matière et Saumon) ont une épaisseur utile supérieure aux autres patins testés, ce qui laisse présager une longévité un peu plus grande pour ces modèles.

  • Pour plus de détails sur ces patins, vous pouvez consulter la catégorie Freinage du blog.
  • Les patins Kool-Stop sont en vente sur Cyclodonia.
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