La nouvelle garde (part. I) – Concours de Machines 2017

Plus du tiers des cadreurs participant au Concours étaient soit des non-professionnels, soit des cadreurs ayant une activité récente. On aurait tort pourtant de regarder leurs productions d’un œil distrait. Certains d’entre eux ont même placé la barre très haut. Voici les quatre premiers d’entre eux (alphabétiquement s’entend), les quatre autres suivront dans une seconde partie.

Atelier des Vélos (Paris)

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Avec un vélo léger, élancé, l’Atelier des vélos a davantage retenu le second terme dans le programme de la randonneuse légère. Sa machine avait pourtant bien tous les attributs de la randonneuse : porte-bagage, éclairage avant et arrière sur dynamo, garde-boue étaient présents.

Atelier des velos concours de machines

Pneus fins, tubes fins et fourreaux droits signent le coursier.

Mais l’essentiel est sur le cadre lui-même et l’Atelier des Vélos a été particulièrement attentif aux détails, à commencer par le travail des raccords, dont la plupart ont été modifiés.

La machine offre ainsi le paradoxe d’une randonneuse à la fois épurée et baroque :

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Écusson ouvragé, tête de fourche ajourée, raccords rouges sur tube de direction et fourreaux gris confèrent à la machine sa forte identité visuelle.

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Le rouge profond se marie parfaitement avec le carbone de la tige de selle et des garde-boue.

ADV tube de selle

Une zone du cadre où le travail a été particulièrement poussé : raccord du tube de selle dissocié du serrage, tube de selle légèrement coudé, support de feu intégré, haubans sur-baissés.

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Les prix spéciaux – Concours de machines 2017 [3/5]

Larix

  • meilleur rookie

Les réalisations présentées par les cadreurs débutants à ce concours étaient globalement d’une grande qualité, ce qui donne toute sa valeur au prix du meilleur Rookie remporté par Larix.

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Baptiste Roux (à gauche), en pleine discussion entre cadreurs derrière sa machine. Comme beaucoup de rookies, il était son propre pilote sur les épreuves.

Prudent, Larix a fait des choix globalement simples en présentant une randonneuse sans garde-boue et en ayant recours pour la potence et la fourche à des composants du commerce. Un choix qui a un peu moins de panache mais qui a permis à la machine d’être la plus légère de la catégorie Rookie.

Le cadre, soudé TIG, est constitué d’un habile panachage de tubes Columbus (1,7 kg pour le cadre nu). Il accepte des pneus jusqu’à 42 mm (sans garde-boue).

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Les haubans cintrés autorisent un montage de pneu jusqu’à 42 mm ou 32 mm avec garde-boue.

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Passage de durite entre le tube supérieur et le hauban.

Outre son routage interne, une attention particulière a été accordé à l’éclairage et au circuit électrique.

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Cyfac – le podium du Concours de Machines 2017, part. III

Cyfac (Hommes – Indre-et-Loire)

  • 3e prix du Concours de Machines
  • prix de l’innovation
  • prix du public

Présenter une machine au concours n’est pas une sinécure et demande un investissement important aux cadreurs. Beaucoup de machines on été achevées dans l’urgence et certains des inscrits n’ont tout simplement pas pu terminer leurs machines à temps. La veille de l’ouverture du Concours, Cyfac annonçait ainsi sur les réseaux sociaux qu’il était à deux doigts de déclarer forfait. Au final, avec trois mentions au palmarès, Cyfac aura pourtant été le constructeur le plus récompensé de cette édition.

Cyfac a en effet une fois de plus montré la variété son savoir-faire, et en particulier sur le plan de l’innovation. Comme l’année dernière, Cyfac a pris des risques en réalisant de l’inédit ce qui, dans le domaine du vélo, est moins courant et moins facile qu’il n’y paraît.

Les garde-boue

Avec ses garde-boue mono-pièce et clipsables d’abord, Cyfac propose l’aboutissement de la piste tracée l’année dernière avec ses garde-boue intégrés au cadre – prouesse technique qui pouvait susciter des réticences sur le plan pratique. Cette fois-ci, non seulement il ne sont plus solidaires du cadre mais ils se retirent sans outils.

cyfac gb demonte

À l’avant, une molette sert à démonter le garde-boue sans retirer l’axe traversant :

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Et le garde-boue se fixe à l’attache du porte-paquet par un crochet en inox :

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J. P. Weigle – le podium du Concours de Machines 2017, part. II

[An english version of this article can be read on Jan Heine’s blog]

J. P. Weigle (Lyme – États-Unis)

  • 2e prix du Concours de Machines
  • prix de la légèreté

Face à elle, le public non-averti (et dans non averti on peut inclure une bonne partie des participants de la cyclosportive Les Copains) pouvait penser avoir devant les yeux un vélo ancien, fabriqué 60 ou 70 ans plus tôt et soigneusement restauré. La machine présentée par J. P. Weigle ne comportait pourtant pas la moindre pièce ancienne sortie des fonds de tiroir d’un collectionneur.

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L’intemporelle machine de l’équipe J. P. Weigle / J. Heine.

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PechTregon – le podium du Concours de Machines 2017, part. I

Commençons la revue de détail des machines du concours par les six lauréats de l’édition 2017 (les 3 présents sur le podium puis dans un prochain article les trois autres constructeurs à avoir été primés). Comme l’année dernière, j’ai eu l’occasion de rédiger les notices consacrées aux machines dans le magazine 200. Je vais donc ici surtout mettre en lumière certains détails qui méritent d’être retenus et je renvoie au n° 13 de 200 pour les informations générales sur les machines, pour le dossier complet consacré au Concours et pour les belles photos de Nicolas Joly.

PechTregon (Bruniquel – Tarn-et-Garonne)

  • 1er prix du Concours de Machines

En général les cyclotouristes n’aiment pas trop la compétition. Ils lui préfèrent l’émulation. Et ça, le concours de machines – c’est sa réussite – en donne l’occasion à plus d’un titre. Et puis il y a ceux, comme PechTregon, qui sont poussés par la forme suprême de l’émulation : l’émulation avec soi-même. Médaille de bronze lors de la 1ère édition, Matthieu Chollet, le cadreur de PechTregon, avait pourtant le sentiment de n’avoir fait qu’une partie du chemin avec sa machine et de pouvoir encore l’améliorer, substantiellement.

La patte du designer, on la retrouve  une fois de plus dans le choix de ce bleu mat, dans le headbadge poli ou encore ici sur le marquage à l’arrière du hauban.

La base reste donc la même, celle d’une randonneuse polyvalente qui ferait la synthèse entre VTT, cyclocross et vélo de route. Le procédé aussi, et les cordons soigneux de soudure TIG montrent que Matthieu Chollet le maîtrise parfaitement.

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Mono-plateau avec passage de vitesses en bout de cintre. Ici, c’est l’ADN du cyclocross.

Le freinage à disque permet de varier le diamètre de roue et le cadre accepte ainsi aussi bien des roues de 700 à section étroite que des pneus de VTT en 27,5 x 2,1’’ (sans les garde-boue). Questions pneus, PechTregon avait monté une fois de plus la section la plus large du concours (48 mm avec garde-boue).

pechtregon entier

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L’enfer d’Ambert : le Concours de Machines 2017 [1/5]

CM jour 1 devant

Retour à Ambert

Au début du mois avait lieu à Ambert la seconde édition de la renaissance du Concours de Machines. Rappelons que le concours de machines est une tradition française de plus d’un siècle qui voit des artisans cadreurs présenter des vélos – les « machines » – répondant à un cahier des charges et à un barème précis. Si un jury et une commission technique sont chargés d’évaluer la qualité de réalisation et la part de l’apport personnel du cadreur, l’intérêt du concours de machines est d’intégrer dans les résultats le verdict du terrain puisque tout élément défectueux, et a fortiori toute casse, au terme de chaque épreuve apporte un malus. Les cadreurs doivent donc présenter des vélos tout à la fois légers, bien finis, fiables et performants.

Retourner à Ambert était pour moi une évidence tant la première édition était stimulante aussi bien pour les cadreurs que pour le public, mais je l’ai fait avec une nouvelle casquette et je n’ai malheureusement pas eu le temps cette fois-ci de photographier en détail toutes les machines comme je l’aurais voulu. Commençons donc par un petit rappel du déroulement de cette édition qui sera suivi par une présentation d’une bonne partie des machines.

Jour 1 : l’évaluation technique

Comme l’année dernière, le concours s’est déroulé sur quatre jours. La première journée était consacrée à la revue de détail des machines et aux misères administratives qui les attendaient.

Au petit matin, c’est l’arrivée des organisateurs et des premières équipes des constructeurs :

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Arrivée de la machine Jolie Rouge équipée d’un ensemble complet de sacoches Helmut.

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Ambert 2016 [4/5] : les constructeurs historiques au Concours de Machines

Certains d’entre eux sont des cadreurs isolés, d’autres ont parfois réuni une véritable petite équipe, certains se consacrent exclusivement à la fabrication de vélos sur-mesure, d’autres en font un complément de leur activité dans le domaine du cycle. Tous ont cependant en commun de perpétuer la fabrication de cadres depuis plusieurs décennies et d’avoir acquis un savoir-faire dont on a pu voir de beaux exemples lors de ce Concours de Machines. Preuve que l’un n’empêche pas l’autre, c’est même à eux que l’on doit quelques unes des plus belles innovations présentées à Ambert cette année.

Autre élément encourageant dans un secteur fragile où, depuis les années 80, beaucoup de grands noms ont disparu, quatre des six cadreurs « historiques » dont on va parler ici ont soit déjà été repris par un successeur, soit sont en phase de transmission. La bonne nouvelle c’est que les machines exposées montraient que la transmission ne concernait pas seulement le nom mais aussi et surtout le savoir-faire qui lui est associé.

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Ambert 2016 [3/5] : la nouvelle vague des cadreurs français

Depuis une dizaine d’années, il semble qu’un vent nouveau souffle sur le monde des cadreurs en France. Une petite dizaine d’entre eux sont apparus et sont parvenus à s’installer durablement, chacun affichant un style et une sensibilité propre. C’est une véritable nouvelle école, qui ne cherche pas à reproduire ce que les cadreurs traditionnels savent très bien faire mais qui soit offre des relectures rafraîchissantes des catégories traditionnelles, soit apporte ses propres réponses aux usages plus ludiques ou plus actuels du vélo.

En tout cas, avec les années, tous ont acquis une belle maîtrise de leur sujet. Et à Ambert, ça s’est vu.

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Ambert 2016 [2/5] : la section amateurs et premières armes

Le directeur de 200 l’a souvent répété : quand le Concours de Machines a été lancé, les organisateurs espéraient une petite dizaine de participants, en raison notamment du délai assez court accordé aux constructeurs (le concours a été annoncé publiquement début février, certains cadreurs en ont eu connaissance un peu plus tard). Ils seront finalement une vingtaine à répondre à l’appel. Cette bonne surprise, on la doit sans doute à eux, les « rookies », les amateurs et les tout nouveaux venus dans la fabrication du cadre de vélo.

L’autre surprise, c’est le niveau d’emblée atteint par les machines des nouveaux venus. La machine de Milc – Goblin bikes, développée par une petite équipe et qui relève pratiquement du prototype industriel, arrivera à la deuxième place du classement général, quant à la machine de Sébastien Klein, 1er prix des amateurs, la qualité de sa finition ne déparait pas les productions des cadreurs chevronnés. C’est donc par eux que je commencerai ma petite revue de détail du Concours de Machines 2016.

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