HELLIS Grand Tourisme : l’enduro allroad n’est plus un luxe

Une affaire de pneus

En créant le Rat Trap Pass, un pneu de 26’ et de 2,3’ de section (54 mm), Compass arrive sans doute au terme d’une tendance qui court depuis une dizaine d’années : l’élargissement croissant de la section des pneus de route performants.

Compass Rat Trap Pass, 26′ [559 x 54 mm]

L’intérêt de ce pneu à la carcasse souple est en effet de faire jeu égal avec les sections habituelles tout en élargissant considérablement le champ d’action du cycliste : non seulement tous les chemins peuvent être parcourus, y compris les plus dégradés, mais la vitesse reste quasiment équivalente sur route et sur chemin. C’est d’ailleurs une donnée contre-intuitive qui a mis du temps à être admise et elle l’est encore pour le moment surtout chez les cyclistes informés. Nous ne pouvons que renvoyer les lecteurs intéressés par ces questions aux 4 numéros du kit spécial « tire performance » de Bicycle Quarterly. Cette revue américaine a en effet été la première à effectuer à grande échelle et de façon rigoureuse des tests de pneus en conditions réelles et reproductibles. L’intérêt des pneus larges à carcasse souple a été l’un des enseignements de ces tests. Concrètement, cela signifie qu’avec eux n’importe quel chemin sur une carte, n’importe quel tracé GPS est accessible pour un vélo qui, dans le même temps, ne le cède en rien en terme de performance sur route. En d’autres termes, le Rat Trap Pass est sans doute le meilleur moyen d’atteindre enfin le graal longtemps rêvé du vélo réellement polyvalent.

Un cadre Enduro allroad

Ce type de pneu nécessite cependant un cadre spécifique qui permette à la fois un freinage adapté (les étriers classiques seront trop étroits) et un espace généreux entre bases, haubans et fourreaux de fourches non seulement pour le pneu mais aussi pour des garde-boue : le cycliste de route qui s’aventure sur les chemins en aura en effet probablement besoin.


Ce type de cadres, destiné à accueillir de gros pneus de 26’ ou 650 B (dits 26+ ou 27,5+), et pour lesquels les Anglo-saxons ont déjà trouvé de nombreuses dénominations (enduro allroad, adventure road, dirt tourer…) est en ce sens à notre avis moins le fruit d’une nouvelle mode que la continuation de la randonneuse classique que nous aimons et dont la philosophie était de ne s’interdire aucun chemin et d’être aussi performante sur le lisse asphalte que sur la rugosité des cailloux.

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René Herse : pièces pour freins à tirage central

René Herse n’a pas seulement construit des vélos d’exception. Son expérience de mécanicien ajusteur dans l’industrie aéronautique naissante lui a apporté la maîtrise nécessaire pour fabriquer des composants qui allient à la fois légèreté, solidité, efficacité et beauté de la facture.

Chape de frein à tirage central fabriquée par René Herse

Chape de frein à tirage central fabriquée par René Herse

C’est ce qui fait qu’autant que ses cadres ses pièces mécaniques se reconnaissent au premier coup d’œil et méritent l’attention. Il n’est d’ailleurs pas innocent que certaines d’entre elles soient à l’origine de standards qui ont eu – et parfois ont encore – cours dans l’industrie du cycle : axes et boîtes de pédalier, pédaliers, pédales, potences, freins sont autant de domaines auxquels René Herse appliqua son savoir-faire. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, on ne peut que renvoyer à la lecture de l’indispensable somme que Jan Heine lui a consacré et dont il a déjà été question dans un article précédent.

La société américaine Compass, qui a relancé la marque, propose aujourd’hui la reproduction à l’identique d’une partie de ces composants. L’ingéniosité est toujours celle de René Herse, la fabrication a été déléguée à ceux qui détiennent aujourd’hui le meilleur savoir-faire en matière de composants, et en particulier au fabricant japonais Nitto.

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Sacs Berthoud : deux nouveaux modèles

Les bagages de vélo en toile de coton et renforts en cuir appartiennent à une tradition pratiquement aussi ancienne que le cyclotourisme.

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Revue du Touring Club de France, septembre 1927, n° 394.

Si des artisans isolés ont toujours produit des modèles destinés aux cyclistes, assez vite il a été évident qu’un bon sac de vélo répondait à un certain nombre de critères et donc à un savoir-faire spécifique.

Ainsi, à la fin des années 1920, le Touring Club de France produisait son propre sac de guidon à destination des cyclistes : avec toile enduite, angles du sac et poches renforcées, fermetures par sangles, il en arborait déjà les principaux attributs.

Par petites touches, la bagagerie destinée au vélo s’est perfectionnée. Dans les années 1970, Spécialités TA réunissait dans son modèle phare, le modèle Sologne, des améliorations apparues au fil des années : lecteur de carte, fermetures rapides, poches latérales et grande poche avant, ouverture par l’arrière…

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Sac de guidon Spécialités TA (llustration D. Rebour)

C’est en 1985 que Gilles Berthoud reprend cette tradition. À une époque où les matériaux synthétiques sont omniprésents dans la bagagerie pour vélo et où le bikepacking est de plus en plus répandu, les sacoches traditionnelles en coton hydrofuge et cuir pleine fleur conservent leur intérêt : au fil des ans, elles ont atteint le meilleur compromis entre stabilité, durabilité accessibilité du contenu et poids.

Nous souhaitions faire bénéficier les cyclistes du quotidien de ces qualités avec un sac répondant aux contraintes spécifiques qui sont les leurs : notamment un volume acceptant un ordinateur 13’’ ou des dossiers A4 et un système de fixation adaptable sur des vélos qui ne sont pas équipés de porte-sac et de décaleur. Berthoud a su parfaitement répondre à notre demande en fabriquant pour Cyclodonia un grand sac de guidon intelligemment conçu.

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Bicycle Quarterly : la bible du cyclotourisme

Il y a une quinzaine d’années paraissait aux États-Unis le premier numéro de Vintage Bicycle Quarterly, modeste publication de 20 pages imprimées en noir et blanc. Aujourd’hui encore, l’intérêt de ces pages reste intact. Le cahier s’ouvre par un entretien avec Ernest Csuka, à l’époque à la tête des cycles Alex Singer, et mêle déjà les sujets consacrés à la longue distance et les articles techniques, dûment illustrés par des dessins de Daniel Rebour. Ce sera la marque de fabrique de la revue qui ne cessera de prendre de l’ampleur au fil des ans.

56 numéros plus tard, en effet, le « vintage » a disparu du titre, la couleur permet d’apprécier aussi bien les randonneuses longuement détaillées que les paysages sillonnés, et la livraison trimestrielle, avec sa centaine de pages et son dos carré, traduit le statut de revue de référence désormais acquis.

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En 15 ans, l’artisanal « Vintage Bicycle Quarterly » (19 p.) est devenue une revue d’influence internationale (98 p.).

Jan Heine, son directeur et principal rédacteur, a en effet su associer sa formation d’ingénieur, son passé de cycliste et la clarté de son style pour offrir des synthèses d’une grande rigueur tant sur les aspects historiques, techniques et pratiques ayant trait au vélo.

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MKS : des pédales pour tous les goûts

Citoyen du Monde

Le fabricant japonais MKS sait réaliser des pédales à fois bien conçues, d’une très bonne qualité de fabrication et toujours élégantes, au point que d’autres fabricants n’hésitent pas à lui passer commande pour des éditions spéciales. C’est le cas de Soma qui lui a confié la réalisation de ses pédales « Citoyen du Monde » (en français dans le texte).

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Des anciennes pédales utilitaires à la française – d’où leur nom – elles reprennent l’esthétique intemporelle mais, avec leur cage et leur corps alu, elles sont à la fois plus légères et plus résistantes à l’oxydation que les pédales classiques de nos anciens vélos.

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Les « Citoyen du Monde » : des pédales droites qui ne s’interdisent pas les courbes.

Leur belle largeur (plus de 9 cm) ainsi que les discrètes butées découpées à chaque extrémité assurent un pédalage confortable, y compris avec des chaussures de ville.

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Le pied est parfaitement maintenu à l’intérieur de la pédale, même quand la cadence de pédalage augmente. Idéal pour les mono-vitesse ou les petits moyeux à vitesses intégrées.

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Nouveaux sacs pour Brompton : le comparatif

Le noir a longtemps constitué l’essentiel de l’offre des sacs pour le Brompton. Puis Ortlieb a apporté un peu de fraîcheur en adaptant ses sacoches multicolores au système de portage du petit vélo pliant anglais. Ces sacoches étanches issues de l’univers du cyclotourisme trahissent néanmoins leur origine et déparent parfois un peu au quotidien.
Conscient qu’il y avait là un manque, d’autres fabricants, mais aussi récemment la société Brompton elle-même, ont proposé des sacs vélo clairement destinés à se fondre dans le contexte urbain. Autre bonne nouvelle, si certaines de ces productions appartiennent à la bagagerie haut de gamme, d’autres modèles restent positionnés aux mêmes tarifs que les sacs Brompton traditionnels.

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Détails du Game bag, ou quand Brompton s’associe à la grande maroquinerie.

Cyclodonia propose désormais une partie de ces nouveaux sacs. L’occasion est donc toute trouvée pour leur consacrer une petite revue de détail.

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Rubans de cintre Newbaum’s : la gamme complète chez Cyclodonia

Des rubans de cintre en coton, on en a testé. D’abord parce que le ruban en coton est esthétiquement l’idéal pour une restauration de vélo antérieur à la fin des années 80.

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Guidoline Velox sur un vélo des années 50.

Ensuite, et surtout, parce que je trouve son toucher plus agréable que des matériaux synthétiques et parce qu’il est moins glissant sous l’effet de la transpiration ou de la pluie sans pour autant virer au spongieux.

L’un des rares défauts du coton est qu’il résiste moins bien à l’abrasion. On évitera donc d’adosser négligemment son cintre contre un mur. Mais ça, on le fait déjà. Pour le reste, en cas de chute, n’importe quel ruban de cintre prendra mal, même s’il est en cuir.

Une autre crainte est souvent liée à l’entretien : le ruban en coton est perçu comme salissant. En réalité, une brosse douce, de l’eau tiède et du savon de Marseille suffisent à remettre un ruban en coton à neuf.

La seule réticence qu’on peut avoir concerne son prix : un ruban en coton de bonne qualité n’est pas la solution la moins chère. Mais pour moins d’une quinzaine d’euros, on peut habiller son cintre. Il est possible de trouver pire.

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Cyclodonia propose désormais la gamme Newbaum’s. La principale raison de ce choix est qu’avec 19 coloris, la marque américaine offre la plus grande variété dans le domaine de la guidoline en coton. Des couleurs moins courantes, c’est aussi l’occasion de faire intervenir d’autres tonalités sur le vélo. On s’est promis d’essayer à l’avenir de jouer avec ces nouvelles possibilités.

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Gitane Vuelta – 1980

Le Gitane Vuelta de 1980 a pour base un cadre tout Super Vitus 971 qui arrive en troisième position dans la gamme Gitane de l’époque derrière les deux déclinaisons (soit équipées en Campagnolo, soit en Dura Ace) des cadres profilés ou standard en tout Reynolds.
Le cadre Super Vitus est décliné soit avec composants français (modèle justement dénommé « Tricolore »), soit avec composants japonais : c’est le modèle Vuelta dont il est question ici.

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Malgré des traces d’oxydation, un exemplaire en relativement bon état…

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… qui retrouvera facilement son éclat.

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Ambert 2016 [4/5] : les constructeurs historiques au Concours de Machines

Certains d’entre eux sont des cadreurs isolés, d’autres ont parfois réuni une véritable petite équipe, certains se consacrent exclusivement à la fabrication de vélos sur-mesure, d’autres en font un complément de leur activité dans le domaine du cycle. Tous ont cependant en commun de perpétuer la fabrication de cadres depuis plusieurs décennies et d’avoir acquis un savoir-faire dont on a pu voir de beaux exemples lors de ce Concours de Machines. Preuve que l’un n’empêche pas l’autre, c’est même à eux que l’on doit quelques unes des plus belles innovations présentées à Ambert cette année.

Autre élément encourageant dans un secteur fragile où, depuis les années 80, beaucoup de grands noms ont disparu, quatre des six cadreurs « historiques » dont on va parler ici ont soit déjà été repris par un successeur, soit sont en phase de transmission. La bonne nouvelle c’est que les machines exposées montraient que la transmission ne concernait pas seulement le nom mais aussi et surtout le savoir-faire qui lui est associé.

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